8 octobre 2026
Dans un contexte social et budgétaire tendu, la mobilisation est essentielle
Chaque jour, de nouvelles mesures d’économies budgétaires sont annoncées. Et, à chaque fois, la même impression domine : ce sont une nouvelle fois les personnes les plus précaires et les associations qui les accompagnent qui sont mises à contribution, comme si la solidarité nationale était devenue une variable d’ajustement, comme si lutter contre la pauvreté, l’exclusion, le mal-logement ou les inégalités pouvait attendre.
Pourtant, derrière chaque ligne budgétaire supprimée, chaque financement réduit, chaque dispositif fragilisé, il y a des personnes qui ont besoin d’un accueil, d’un accompagnement, d’un logement, de soins, d’un soutien pour faire valoir leurs droits. Et il y a aussi des professionnels qui, chaque jour, font tenir ces réponses à bout de bras.
Refuser la fatalité
Dans ce contexte, les associations se mobilisent. Elles le font dans différents cadres, en saisissant chaque occasion de prendre la parole, d’interpeller les décideurs et surtout de faire entendre la voix de celles et ceux qui sont directement concernés par les politiques publiques : les personnes accompagnées et les équipes de terrain. Pourquoi cette mobilisation ? Parce que nous sommes convaincus que la fatalité n’existe pas en matière de politique sociale.
On nous présente souvent les restrictions budgétaires comme des nécessités auxquelles il faudrait simplement s’adapter. On dirait qu’il n’y a pas de choix à faire, pas de priorités à définir, pas de débat démocratique à avoir. Pourtant, décider de réduire les moyens consacrés à la solidarité est un choix politique et décider de préserver ces moyens en est un autre.
Face à l’urgence sociale et à la fragilisation croissante du secteur associatif, les acteurs du réseau prennent la parole pour rappeler une évidence : la solidarité n’est pas une dépense comme une autre. Elle répond à des besoins essentiels et constitue l’un des fondements de notre société. La réduire sans mesurer ses conséquences, c’est prendre le risque de déplacer les problèmes plutôt que de les résoudre.
« Et si nous arrêtions vraiment ? »
C’est le mot d’ordre de la mobilisation prévue au niveau national par les têtes de réseaux et les associations réunies en collectif.
Pour l’instant, nous tenons comme nous l’avons toujours fait, nous bricolons, nous cherchons de nouveaux financements, nous sollicitons les dons des particuliers. Nous réduisons aussi certaines dépenses et nous demandons toujours davantage aux équipes. Nous essayons de faire avec moins, parfois avec beaucoup moins, mais jusqu’à quand ? Si les associations disparaissaient, ce serait une véritable catastrophe pour la société toute entière.
Quand les associations doivent faire la manche
À Lille, le collectif d’associations a imaginé une opération particulièrement symbolique : se mettre en scène devant la Préfecture en faisant la manche.
L’image peut sembler provocatrice. Elle est pourtant terriblement cohérente avec la situation que nous dénonçons.
Des associations qui accompagnent chaque jour des milliers de personnes en difficulté en sont réduites à demander l’aumône pour pouvoir continuer à exercer leurs missions. Nous qui sommes censés organiser la solidarité, nous voilà contraints de quémander les moyens de la mettre en œuvre.
Cette opération coup de poing n’a pas pour objectif de faire sourire, elle vise à interpeller, à rappeler que derrière les budgets, les enveloppes et les lignes comptables, il y a des vies, que derrière chaque économie réalisée, il peut y avoir une permanence supprimée, une équipe réduite, un accueil fermé, un accompagnement abandonné.
Se mobiliser aujourd’hui pour peser demain
Les mobilisations actuelles sont d’autant plus importantes qu’elles interviennent à un moment où les choix politiques qui seront faits demain se préparent dès aujourd’hui. Se mobiliser, ce n’est pas seulement défendre les associations, c’est défendre les personnes qu’elles accompagnent, c’est rappeler que l’accès aux droits, au logement, aux soins, à la dignité et à l’accompagnement ne peut pas dépendre de la capacité d’une association à trouver, année après année, quelques financements supplémentaires.
C’est aussi refuser de laisser s’installer l’idée que la pauvreté serait une fatalité, que l’exclusion serait inévitable et que nous n’aurions d’autre choix que de faire toujours plus avec toujours moins.
Nous avons le droit de dire non.
Non à la disparition progressive des réponses sociales.
Non à une solidarité transformée en variable d’ajustement.
Non à l’épuisement des professionnels et des bénévoles.
Non à l’idée que celles et ceux qui sont déjà les plus fragiles doivent encore payer le prix des restrictions budgétaires.
Et surtout, non à la fatalité.
Parce qu’une société solidaire ne se mesure pas à ce qu’elle promet quand tout va bien, elle se mesure à la place qu’elle choisit de faire aux personnes les plus fragiles lorsque les temps deviennent difficiles.







