8 octobre 2026
Refuser la misère, refuser la fatalité
Chaque année, le 17 octobre, la Journée mondiale du refus de la misère nous rappelle une réalité que nous ne pouvons pas accepter : la pauvreté et l’exclusion continuent de priver des milliers de personnes de leurs droits fondamentaux.
Reconnue par les Nations unies depuis 1992, cette journée donne la parole à celles et ceux qui vivent la précarité. Elle nous invite à écouter leurs difficultés, à reconnaître leurs aspirations et à agir collectivement pour faire évoluer les choses.
Dans les Hauts de France, des chiffres* qui alertent
- 19 % des ménages sont en attente d’un logement social : c’est + 36 % en 6 ans
- 2 700 ménages ont été explusés de leur logement : + 25 % en 1 an
- 233 enfants vivaient dans la rue à la veille de la rentrée scolaire
- 3 700 personnes sont sans solution d’hébergement malgré leur appel au 115
Dans la Métropole européenne de Lille, la situation est tout aussi préoccupante : environ 1 000 personnes vivent en bidonville, en squat ou dans un habitat précaire. Chaque jour, seules trois ou quatre places d’hébergement seraient disponibles pour plus de 300 demandes.
Comment acccepter une telle situation ? Derrière chaque chiffre il y a une femme, un homme, un enfant. Des personnes qui ont des droits, des besoins, des projets, des rêves.
Le premier droit des personnes sans abri est de cesser de l’être : c’est l’article 1 de la Déclaration de droits des personnes sans abri.
Agir chaque jour, au-delà du 17 octobre
A l’abej SOLIDARITÉ nous nous sommes mobilisés avec les personnes que nous accompagnons le 17 octobre 2026 comme chaque année. Mais notre engagement ne se limite pas à une journée.
Nos équipes luttent chaque jour pour que les personnes à la rue dans la métropole sortent de l’exclusion.
Parce que nous croyons que chacun mérite d’être accueilli et accompagné sans condition. Nous nous battons pour que les plus pauvres sortent de l’exclusion, nous voulons proposer des solutions pérennes aux personnes à la rue.
Faire reculer la misère, c’est avant tout écouter les personnes concernées, reconnaître leur place dans la société et agir ensemble pour que chacun puisse envisager l’avenir avec davantage de possibilités.
Ne pas oublier celles et ceux qui nous ont quittés
À Lille, le 17 octobre est aussi un temps de mémoire. Chaque année, nous nous souvenons des personnes décédées qui ont connu la rue et la grande précarité.
A l’abej SOLIDARITE nous avons accompagné : Tchitchiko K, Maxence V, Alpha B, Justine M, Aurélie C, Franck D, Ludovic S, Achou A, Franck M, Messaoud R, Nathlaie D, Jean-Marc T, Dolorès T, Josphe W, El Hadj Dianbhoye C, Cédric D, MAxime C, Jean-Philippe P, Carol I, Marie-Claude P, Hervé B.
Derrière chaque nom, il y a une histoire, une personne, une vie qui compte. Les évoquer, c’est rappeler que personne ne devrait être condamné à vivre ou à mourir dans l’oubli.
Osons dire non à la fatalité. Parce qu’une société solidaire ne se mesure pas à ce qu’elle promet quand tout va bien, elle se mesure à la place qu’elle choisit de faire aux personnes les plus fragiles lorsque les temps deviennent difficiles.
*sources : Fondation pour le logement des défavorisés



