25 mars 2024

Ne pas opposer les précarités…

Quelle que soit l’origine et la situation des personnes rencontrées,la lutte contre la grande pauvreté est un même combat : ne pas opposer les précarités.

En 2023, tous les indicateurs mentionnent malheureusement
une aggravation de la pauvreté en France. Le
nombre de personnes privées de domicile ne diminue pas,
bien que l’Etat ait ouvert davantage de places d’hébergement,
tant le besoin est grand. La crise du logement ne
facilite pas l’accès au logement social des personnes hébergées,
et de nombreuses personnes à la rue n’appellent
même plus le 115 car elles sont épuisées et découragées
de s’entendre répondre qu’il n’y a pas de place pour elles.
Dans nos accueils de jour la fréquentation augmente sensiblement
et de nombreuses personnes qui ne sont pas
nécessairement à la rue viennent pour le repas car elles
ne sont plus en capacité financière de se nourrir.
Malgré ce constat alarmant les équipes, tant salariés que
bénévoles, restent mobilisées et nous sommes particulièrement
heureux de compter parmi nos bénévoles de plus
en plus de personnes qui ont une expérience personnelle
de la précarité et de la privation de domicile. L’abej SOLIDARITÉ
est aussi ce lieu où la fraternité s’incarne parce
que chacun peut avoir une place et contribuer, donner et
recevoir.
En fin d’année 2023 nous avons été particulièrement inquiets
des conséquences de la loi immigration qui a été
votée. De nombreux aspects auront pour conséquence
de précariser davantage les personnes ayant un parcours
d’exil. Les révisions apportées par les décisions du conseil
constitutionnel sont venues « corriger le tir », mais nous
restons attentifs, notamment par exemple concernant
l’accès à la santé avec la perspective de la réforme de
l’Aide Médicale d’Etat qui est annoncée.

L’inconditionnalité de l’accueil reste un point d’attention
très important pour notre association : le droit à un toit, à
un accompagnement et à la santé ne peut pas et ne doit
pas être conditionné à la nationalité ou au droit au séjour.
Chacun, quel que soit son statut administratif, a le droit
d’être accompagné. La mise en concurrence ou l’opposition
des pauvretés ne fait pas sens : l’accueil des étrangers
en situation de précarité ne se fait pas au détriment
des Français en difficulté. Nous sommes convaincus que
la lutte contre l’exclusion ne se gagnera pas en priorisant
ou en opposant un public à un autre, et nous souhaitons,
plus que jamais, oeuvrer dans le sens d’une politique de
solidarité universelle.

Envie d’aller plus loin ? Découvrez notre rapport d’activité https://abej-solidarite.fr/abej-solidarite/en-savoir-plus/

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