« J’ai eu la chance et le privilège d’avoir fait partie de la toute première équipe qui a pensé et créé l’abej SOLIDARITÉ. Je dis privilège car ce fut pour moi trois décennies passionnantes et enthousiasmantes. Mon épouse Rolande et moi, nous nous sommes mariés en 1985, 2 mois avant l’ouverture du premier lieu d’accueil. Depuis plusieurs années, nous vivions avec d’autres membres d’une paroisse protestante en communauté de vie et nous accueillions en permanence des personnes à la rue à la maison. C’est dire si notre famille (nous avons 4 enfants) a contribué à la réussite de cette action ». Rolande s’est elle aussi engagée comme salariée au sein de l’abej SOLIDARITÉ et l’engagement a été de ce fait un choix de vie partagée.

Patrick était à l’époque pasteur adjoint de la paroisse protestante et à ce titre il a été détaché pour être le responsable opérationnel de l’abej SOLIDARITÉ à ses débuts. Le pasteur titulaire, David Berly, qui avait eu le premier, l’intuition de créer l’association, occupait des fonctions plus politiques.

A chaque fois que Patrick allait sur le terrain, rencontrait les personnes à la rue , il se posait la même question : « si j’étais à la rue qu’est-ce que j’aimerais que l’on fasse pour moi et comment j’aimerais qu’on le fasse ? ».

Cette simple question a nourri son imagination et a permis, avec la collaboration d’autres collègues, de concrétiser de nombreuses idées, d’innover et de créer de nouveaux services.

« Durant toutes ces années mon obsession a été de réfléchir à la meilleure réponse à apporter au problème du sans abrisme »

Patrick Pailleux

Patrick a occupé différentes fonctions au sein de l’abej SOLIDARITÉ. Il a notamment dirigé l’accueil de jour rue Solférino. En 2003, le conseil d’administration l’a nommé directeur général. Patrick a saisi cette opportunité pour se former au métier de directeur d’établissements.

« Ma foi ne m’a jamais quitté dans les différentes fonctions professionnelles que j’ai occupées. C’est elle qui m’a permis d’aller de l’avant et de croire que tout cela était possible. Avec le recul je mesure, là encore, le privilège qui était le mien de travailler aux côtés de nombreux salariés concernés et pleinement motivés mais aussi de rencontrer les personnes sans-abri qui m’ont tant appris et à qui je dois d’être en partie ce que je suis. »

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